Activités et centres d’intérêt Parcoursup : la rubrique qui départage

Facultative, et pourtant décisive quand deux dossiers se ressemblent. Les quatre sous-rubriques expliquées une par une, avec des exemples de ce que les jeunes écrivent et de ce qu'il faudrait écrire.

C’est la rubrique que la plupart des lycéens remplissent en dix minutes, la veille de la clôture. Pourtant, la rubrique « Activités et centres d’intérêt » de Parcoursup est le seul endroit du dossier où votre enfant parle de lui autrement qu’en notes. Quand deux candidats ont le même bulletin, c’est là que se fait la différence. Voici comment la remplir, sous-rubrique par sous-rubrique, et ce qu’il ne faut surtout pas y écrire.

L’essentiel :

  • Cette rubrique est facultative, et c’est exactement pour cela qu’elle compte : la remplir montre déjà de l’implication.
  • Elle comporte quatre sous-rubriques, chacune limitée à 1 500 caractères, soit une quinzaine de lignes.
  • Elle est commune à tous les vœux : elle se rédige donc de façon large, contrairement au projet de formation motivé.
  • Une activité banale racontée précisément vaut mieux qu’une liste d’engagements impressionnants restés vagues.
  • C’est la matière première des entretiens de sélection. Ce qui y est écrit sera relu, et parfois questionné.

À quoi sert vraiment cette rubrique

Les commissions d’examen des vœux voient passer des centaines de dossiers dont les bulletins se ressemblent. Les notes disent ce que le jeune sait faire en classe. Cette rubrique dit qui il est en dehors, et ce qu’il fera de sa place s’il l’obtient.

Elle sert particulièrement dans deux situations. Quand le dossier scolaire est moyen, elle rattrape en montrant de l’engagement, de la régularité et de la maturité. Quand le dossier est bon mais impersonnel, elle donne le relief qui manque face à des candidats au même niveau.

Un point que beaucoup de familles ignorent : cette rubrique est facultative. Ne pas la remplir n’élimine pas un candidat, mais la remplir sérieusement envoie un signal, surtout dans les formations sélectives où chaque élément du dossier est lu.

Les quatre sous-rubriques, et quoi mettre dans chacune

Chacune accepte 1 500 caractères. Aucune n’est obligatoire, et il vaut mieux en remplir deux avec du contenu solide que les quatre avec du remplissage.

1. Mes expériences d’encadrement ou d’animation

Tout ce qui consiste à s’occuper d’un groupe, même sans étiquette officielle : entraîner les plus jeunes du club, arbitrer, être délégué de classe, encadrer un séjour, aider un camarade en difficulté sur la durée, animer un atelier. Précisez le nombre de personnes, la fréquence, la durée. « Entraîneur des poussins le samedi matin depuis deux ans, un groupe de douze enfants » vaut dix fois « j’aime encadrer ».

2. Mon engagement citoyen

Bénévolat associatif, service civique, éco-délégué, don du sang, participation à une collecte, membre d’un conseil de la vie lycéenne, engagement pour une cause. Là encore, la durée compte plus que la nature de l’engagement. Deux ans de maraudes une fois par mois pèsent plus lourd qu’une journée de nettoyage de plage.

3. Mon expérience professionnelle

Stages, jobs d’été, baby-sitting, aide dans l’entreprise familiale, petits travaux rémunérés. Le stage de troisième compte s’il a un lien avec le projet. Ce qui intéresse la commission, ce n’est pas le poste occupé, c’est ce que votre enfant en a retenu : le rythme, la relation client, le travail en équipe, la découverte d’un métier.

4. Mon ouverture au monde

Pratiques sportives et culturelles, séjours à l’étranger, langues, parcours spécifiques comme une section européenne ou un conservatoire, lectures suivies, pratique artistique, veille sur un sujet. C’est la sous-rubrique la plus mal remplie, parce que les jeunes croient qu’il faut avoir voyagé. Un adolescent qui suit l’actualité scientifique depuis trois ans et sait dire pourquoi a parfaitement sa place ici.

Écrire une entrée qui tient debout

La règle est la même dans les quatre cas. Une entrée utile répond à trois questions : quoi, pendant combien de temps, et qu’est-ce que ça a produit.

Ce que les jeunes écriventCe qu’il faudrait écrire
« Je fais du foot »« Football en club depuis huit ans, capitaine de l’équipe cadets, deux entraînements et un match par semaine. J’ai appris à gérer les tensions dans un groupe quand les résultats ne suivent pas. »
« Bénévole dans une association »« Bénévole aux Restos du Cœur un samedi sur deux depuis la seconde : distribution et accueil. J’y ai découvert des situations très éloignées de mon quotidien. »
« J’ai fait un stage »« Stage d’observation d’une semaine en cabinet vétérinaire en troisième. J’ai vu la réalité du métier, y compris les urgences de nuit, ce qui a confirmé mon projet. »
« J’aime la lecture »« Lecture de vulgarisation scientifique depuis trois ans, en particulier sur l’astrophysique. Je suis abonné à deux revues et je tiens une liste de mes lectures. »

Le détail qui rend une entrée crédible est presque toujours un chiffre ou une durée. Sans lui, la commission lit une intention ; avec lui, elle lit un fait.

Ce qu’il ne faut pas y mettre

Les activités abandonnées depuis longtemps. Trois ans de piano arrêtés en sixième n’apportent rien. Ce qui compte, c’est ce qui est vivant aujourd’hui.

Les listes sans contenu. « Sport, musique, cinéma, voyages » occupe quatre lignes et ne dit rien. Mieux vaut une seule activité racontée.

Les phrases toutes faites. « Cette expérience m’a beaucoup appris » remplit du caractère sans rien transmettre. Dire ce qu’elle a appris, précisément, prend la même place et change tout.

Le copier-coller du projet de formation motivé. Ce sont deux exercices différents : la rubrique Activités est commune à tous les vœux, le projet motivé s’adresse à une formation précise.

Ce qui n’a pas eu lieu. Cette rubrique nourrit les entretiens de sélection. Une activité inventée se démonte en deux questions.

« Quand un jeune me dit qu’il n’a rien à mettre dans cette rubrique, en général il a beaucoup à dire. Il ne sait simplement pas que ce qu’il fait tous les samedis depuis trois ans intéresse quelqu’un. »

Lisa Chauveau, conseillère d'orientation scolaire

Votre enfant mérite un projet qui lui ressemble

Je suis Lisa Chauveau, conseillère d’orientation scolaire à Bouliac près de Bordeaux, et en visio partout en France. J’aide les jeunes de la 4e aux études supérieures à construire un projet qui leur ressemble vraiment. Le premier échange de 30 minutes est gratuit et sans engagement.

Échanger avec Lisa, gratuitement

Le rôle du parent, et sa limite

Si votre enfant peine à identifier ce qui l’intéresse vraiment, notre test RIASEC gratuit peut débloquer la conversation. Cela dit, il ne verra pas seul la valeur de ce qu’il fait : c’est son quotidien, donc cela lui paraît ordinaire. Votre travail consiste à lui rappeler ce qu’il a fait, pas à l’écrire.

Trois choses relèvent de vous. Lui remémorer les engagements oubliés, car il ne pensera ni au tournoi qu’il a aidé à organiser ni aux étés passés à garder ses cousins. Relire pour les fautes et la longueur. Lui faire dire à voix haute ce qu’il a retenu de chaque expérience : ce qu’il raconte spontanément est presque toujours meilleur que ce qu’il écrit.

Le reste lui appartient, et pour une raison pratique : dans les formations qui organisent des entretiens, on lui demandera de développer ce qu’il a écrit. Un texte rédigé par un adulte se retourne contre le candidat à ce moment-là.

Questions fréquentes

La rubrique Activités et centres d’intérêt est-elle obligatoire ?

Non, elle est facultative sur Parcoursup. La laisser vide ne disqualifie pas un dossier, mais la remplir sérieusement constitue un signal d’implication, particulièrement utile dans les formations sélectives.

Combien de caractères par sous-rubrique ?

Chaque sous-rubrique accepte 1 500 caractères, soit une quinzaine de lignes. Il vaut mieux remplir deux sous-rubriques avec du contenu précis que les quatre avec des généralités.

Que mettre quand on n’a ni bénévolat ni job ?

Une pratique sportive ou artistique suivie, un centre d’intérêt approfondi, un rôle de délégué, une aide familiale régulière. La commission ne cherche pas des parcours exceptionnels, elle cherche de la régularité et de la capacité à en parler.

Faut-il écrire à la première personne ?

Oui, cette rubrique se rédige à la première personne, en phrases courtes. Les intitulés des sous-rubriques y invitent déjà, puisqu’ils commencent par « Mes » et « Mon ».

Cette rubrique est-elle lue par toutes les formations ?

Elle est transmise à l’ensemble des vœux, mais chaque commission décide du poids qu’elle lui accorde. Les formations sélectives et celles qui organisent des entretiens s’en servent le plus.

Aller plus loin

Cette rubrique se prépare avec le même travail que le CV : notre guide du CV lycéen propose une méthode pour transformer des activités du quotidien en formulations lisibles par un jury. Pendant l’accompagnement Parcoursup, nous consacrons une séance entière à cette rubrique et à « Ma préférence », avant d’attaquer les projets de formation motivés. Pour savoir si cet accompagnement correspond à votre situation, le premier échange de 30 minutes est gratuit.

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Mon travail a été présenté dansLe Figaro ÉtudiantSud Ouest