La réforme du baccalauréat mise en place sous Jean-Michel Blanquer en 2017 a soulevé des inquiétudes quant à ses répercussions sur les orientations scolaires des jeunes, particulièrement des filles, dans les filières scientifiques telles que l’ingénierie et la médecine. Une des raisons de cette réforme était le fait que trop d’élèves choisissaient la filière S (52% contre 25% aujourd’hui). Or, cet article explore comment ces changements affectent les choix éducatifs et professionnels des filles et souligne l’urgence d’une réponse politique pour corriger le tir comme le demande le collectif Maths&Sciences.

Réduction significative des inscriptions en filières scientifiques
La réforme a entraîné une baisse notable des effectifs en filières scientifiques :
- 11,5% de baisse des inscriptions en écoles d’ingénieurs pour l’année 2023.
- Un effondrement de 40% des effectifs envisageant des études en sciences approfondies.
Ces chiffres témoignent d’un désengagement préoccupant vis-à-vis des sciences, un domaine traditionnellement accessible et valorisé pour les étudiants de toutes spécialités.
Impact disproportionné sur les filles
La réforme a exacerbé les inégalités existantes entre les genres en matière d’éducation scientifique :
- Le nombre de filles en terminale n’ayant aucun cours de mathématiques a plus que doublé, passant de 40 000 à plus de 107 000.
- Ces modifications dans l’enseignement des mathématiques et des sciences ont restreint les options pour les filles, limitant leur capacité à s’engager dans des carrières scientifiques et techniques.
Des conséquences économiques et sociales
Le collectif Maths&Sciences, composé de 36 associations scientifiques et économiques, tire la sonnette d’alarme sur les conséquences économiques de ces changements. La baisse de 11,5% des inscriptions en écoles d’ingénieurs pour la rentrée 2023 est un indicateur inquiétant de la perte d’intérêt et de compétence en sciences parmi les jeunes, en particulier chez les filles. Cette tendance menace la capacité de la France à rester une puissance scientifique mondiale, avec des répercussions sur son autonomie économique et sa capacité d’innovation.
Propositions pour rétablir l’équilibre
Pour contrer les effets de cette réforme, plusieurs mesures doivent être envisagées :
- Réintégrer des cours de sciences robustes dès le lycée pour assurer une préparation adéquate pour tous les étudiants.
- Assurer un enseignement de mathématiques solide, avec une recommandation de 4 heures minimum par semaine pour tous les élèves, afin de soutenir un apprentissage polyvalent et inclusif.
Conclusion
Aujourd’hui plusieurs collectifs estiment que la réforme du baccalauréat doit être réévaluée et ajustée pour promouvoir une plus grande équité dans l’éducation, et non perpétuer les disparités de genre. En renforçant l’accès à un enseignement scientifique de qualité et en offrant une plus grande flexibilité dans les choix de spécialisation, nous pouvons améliorer les perspectives pour les filles dans les filières scientifiques et techniques, cruciales pour l’avenir de notre société et de notre économie.



